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Bienvenue sur bertrandbarre.com ! Notes d’actualité de mi-novembre 2017 :

Fukushima en 2017

Les Commissions locales d’information du Cotentin (Areva-La-Hague, Flamanville, Andra) ont organisé en mars 2017, un voyage d’étude au Japon. Voici  des extraits du résumé du rapport rédigé par 4 membres de cette mission (Yves Baron, Jacques Foos, Jean-Paul Martin, Bernard Rozé)

Cet exposé présente tout d’abord, les raisons qui ont motivé ce travail à savoir essentiellement le souhait de rétablir la vérité des faits par rapport aux exagérations médiatiques qui cultivent et entretiennent la peur.
L’accident survenu sur les installations nucléaires de Fukushima Daïïchi résulte d’un séisme d’une intensité extrême survenue le 11 mars 2011. Ce phénomène a engendré une vague qui a submergé plus de 560 km² de terre, le long de la côte Est, ayant entraîné le décès de 18 600 personnes et la destruction totale ou partielle de plus de 1 200 000 habitations et constructions. Le corollaire de cet accident a été la perte du refroidissement du combustible nucléaire pour, au moins, deux cœurs de réacteurs nucléaires, perte ayant provoqué la fusion partielle du combustible. Parmi les conséquences, se sont produits des rejets radioactifs dans l’environnement sur une zone allongée de l’ordre de 25 km à partir du réacteur et d’une façon moins marquée, sur une zone de rayon 80 km, centrée sur ces installations nucléaires. Il s’en est suivi (si l’on parle des suites de l’accident nucléaire) l’évacuation de 160 000 personnes domiciliées dans cette zone. Il faut noter que l’accident nucléaire n’a fait aucune victime directe pour causes radiologiques ni parmi les travailleurs ni dans la population.
 

Le type de réacteur nucléaire, objet de l’accident, était d’un modèle ancien dit « bouillant », non retenu en France et dont les installations de sûreté étaient notoirement insuffisantes par rapport à d’autres modèles existants. La responsabilité est partagée entre l’exploitant japonais TEPCO (Tokyo Electric Power COmpagy) et le concepteur General Electric).  Les conséquences en matière de dosimétrie sont détaillées dans le texte de cette note.

Les conclusions, à ce jour, dégagent des lignes de force probantes, à savoir : - L’origine de l’accident est considérée comme « made in Japan » de l’avis même de la commission indépendante Japonaise : c’est certainement en partie vrai. Cependant, il convient de rester prudents compte tenu des événements antérieurs que nous avons vécus, comme l’accident de TMI aux USA ou celui Tchernobyl en Union Soviétique.
 - 80% des terres arables et des pâturages contaminés ont été assainis.
- C’est en tout cas au prix d’une volonté sans faille et d’un coût financier très important. Il est à ce jour évalué à 205 milliards d’euros pour la partie sinistrée par l’effet du tsunami et d’un coût à peu près équivalant, de l’ordre de 203 milliards d’euros pour ce qui concerne les installations nucléaires
 - Le problème du stockage (ou de l’entreposage) des déchets contaminés n’est pas réglé. Le volume s’élève à ce jour à 22 millions de mètres cubes dont environ la moitié recèle une radioactivité inférieure à 8 000 Bq/kg permettant d’après la loi japonaise de les stocker dans une décharge classique.
- Le bilan dosimétrique est heureusement modeste, mais le stress des populations est fort et palpable avec des conséquences sur la santé. Était-il justifié de déplacer les populations vivant dans les zones autour de la centrale dans la mesure où cette décision est responsable aujourd’hui de milliers de décès liés à ce stress ? Ceci doit servir d’enseignement pour l’avenir.

Le fait que cet accident soit la conséquence d’une catastrophe naturelle ne doit pas nous dispenser d’en tirer tous les enseignements possibles et notamment :
 - l’un d’ordre technique pour « durcir » encore la sûreté de nos installations ;
 - l’autre sociétal, afin de préciser les règles de préparation pour faire face à un événement imprévu de ce type ;
- Enfin par une prise de conscience à froid des plans d’action concernant les populations vivant près d’installations nucléaires .

 

Certains de mes collègues font la fine bouche devant la déclaration de Nicolas HULOT repoussant la date de réduction à 50% de la part du nucléaire dans l’électricité. Pas moi.
Je veux y voir un premier pas du gouvernement vers un amendement de la loi de transition énergétique de 2015, qui abandonne l’idéologie en faveur du réalisme. A suivre...
J’apprécie aussi son soutien à CIGEO