Comme toutes les activité humaines, la production et l’utilisation de l’énergie ont des impacts sur l’environnement et la santé. Le sujet est évoqué pour chaque source en particulier, mais ont peut en rappeler ici une liste, sans doute incomplète :

1. Tous ces risques existent, mais aucun n’a autant de conséquences sur la santé que ceux liés à la pénurie d’énergie.

2. La plupart de ces risques sont locaux, quelquefois régionaux. Certains impacts sont liés aux risques d’accident, d’autres à une utilisation normale. Le risque qui domine de loin est celui de la détérioration de l’effet de serre, car il est planétaire et causé par l’utilisation normale et quotidienne.

 

Bien que notre planète dispose de son propre chauffage central (la géothermie due à sa radioactivité), la température de sa surface est essentiellement déterminée par l’équilibre entre l’énergie qu’elle reçoit du soleil sous forme de lumière visible et l’énergie qu’elle rayonne dans l’espace sous forme de rayonnement infrarouge. Dans cet équilibre, l’atmosphère joue un rôle analogue à celui d’une vitre dans une serre de jardinier : il laisse passer l’essentiel de la lumière visible, mais il absorbe l’essentiel des infrarouges qu’il revoie en partie vers l’espace mais aussi vers la terre, ce qui augmente sa température de surface. L’effet de serre est essentiel à la vie sur Terre : sans lui, la température moyenne de la surface serait de – 18°C au lieu de + 14°C. A – 18°C, pas d’eau liquide, pas de sève, pas de sang.

C’est la vapeur d’eau naturelle, présente dans l’atmosphère et venue de l’évaporation des océans, qui joue le rôle principal dans cet "effet de serre". Certains gaz émis par l’homme, dont le principal est le gaz carbonique CO2, suivi du méthane CH4, augmentent l’absorption par l’atmosphère du rayonnement infrarouge, et donc l’effet de serre.

Les spécialistes mondiaux du climat, ont publié fin 2007 leurs recommandations aux gouvernements avant la Conférence de Bali :

Le rapport de 2007 du GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat), élaboré par plusieurs centaines de climatologues, a conclu sans équivoque que notre climat se réchauffait rapidement et que nous étions maintenant certains à au moins 90 % que les activités humaines en étaient la principale cause. La concentration actuelle de dioxyde de carbone dans notre atmosphère dépasse de loin les variations naturelles qui se sont produites durant les 650 000 dernières années, et augmente très rapidement à cause des activités humaines. Si cette tendance n’est pas bientôt arrêtée, plusieurs millions de personnes seront exposées aux risques associés à des événements extrêmes tels que vagues de chaleur, sécheresse, inondations et tempêtes, nos côtes et nos villes seront menacées par des élévations du niveau de la mer et un grand nombre d’écosystèmes, de plantes et d’espèces animales seront en grand danger d’extinction.
[...]
Le principal enjeu (des négociations internationales) doit être de limiter le réchauffement de la planète à moins de 2ºC au-dessus des températures pré-industrielles, limite qui a déjà été formellement adoptée par l’Union Européenne et plusieurs autres pays. Basée sur la compréhension scientifique actuelle, cela requiert que les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent être réduites, d’ici 2050, d’au moins 50 % au dessous de leurs niveaux de 1990. A long terme, les concentrations de gaz à effet de serre doivent ainsi être stabilisées à un niveau bien inférieur à 450 ppm (parties par million, mesurées en concentration équivalente CO2). De manière à rester en dessous des 2ºC de réchauffement, les émissions mondiales doivent atteindre leur plus haut niveau puis décroître au cours des 10 à 15 prochaines années, il n'y a donc pas de temps à perdre.

L’augmentation de la concentration en CO2 est due principalement à la combustion de pétrole, charbon et gaz et à la déforestation tandis que celle du méthane provient de l’agriculture (rizières, bétail). Vu le rôle dominant du CO2, l’énergie est donc très impliquée dans le phénomène, et les mesures la concernant sont essentielles.

L’énergie joue donc un rôle crucial dans le dilemme développement/environnement. Avant 2050, il faut avoir :

- Doublé la production mondiale d’énergie,
- Divisé par 2 les émissions mondiales de CO2.

Alors que 80% de l’énergie actuelle est produite en émettant du CO2 (pétrole, charbon et gaz).

Face à un défi de cette ampleur, il faut mettre en œuvre le plus rapidement possible tout l’éventail des mesures disponibles :

1. Economiser l’énergie et augmenter l’efficacité de ses usages (affaire de technologie, mais aussi de comportement individuel !),
2. Diminuer la part des combustibles fossiles dans la production d’énergie, et donc développer les énergies renouvelables et nucléaire,
3. Mettre en œuvre partout où ce sera raisonnablement faisable la capture et le stockage du CO2, et notamment à la sortie des centrales électriques au charbon.

 

J’emprunte à JM Jancovici la formule suivante qui exprime la quantité totale de CO2 émise dans le monde sous la forme d’un produit de 4 facteurs.

t CO2 = (t CO2 / Gtep)*(Gtep / PIB)*(PIB / hab)* hab

Autrement dit : Masse de CO2/an = (CO2/énergie consommée) x (énergie consommée/pouvoir d’achat) x (pouvoir d’achat par habitant) x (population globale)

Si on commence par la fin, on voit bien que le dernier facteur, la population mondiale, va s’accroître d’environ 50 % dans les 30-40 ans à venir. L’avant dernier facteur, la croissance économique, doit croître pour améliorer le sort des plus démunis. Le deuxième facteur, la quantité d’énergie nécessaire pour obtenir biens et services, diminue au rythme des progrès technologiques, mais on ne peut guère envisager mieux que 30 % de réduction.

Par conséquent l’essentiel de l’indispensable réduction des rejets de gaz à effet de serre repose sur le premier facteur, la quantité de CO2émise par unité d’énergie consommée : c’est là qu’il faut agir par substitution des énergies renouvelables et nucléaire aux énergies fossiles et par capture et stockage du CO2.

 

Parmi les pays développés, la France et la Suède émettent relativement peu de CO2 parce que leur électricité est essentiellement d’origine nucléaire et hydraulique.

 

Nous avons vu que, compte tenu de l’abondance de ses réserves et de leur distribution géographique, le charbon est promis à un bel avenir. Mais c’est la source d’énergie dont l’utilisation a le plus d’impact sur le climat (environ deux fois plus que le gaz, à service égal). Face à ce retour en force du charbon, on n’évitera la catastrophe climatique que si l’on pratique à grande échelle la capture du CO2 à la sortie des installations qui en émettent de grandes quantités (centrales à charbon, cimenteries, aciéries, raffineries), et le stockage de ce CO2 pour éviter sa fuite dans l’atmosphère. Quelques installations pilotes commencent à démontrer la faisabilité des procédés à mettre en œuvre, mais on est encore loin d’un déploiement massif qui sera onéreux.